This is it : MJ tel que vous ne le verrez plus jamais ...

Publié le

Elle m'a fait marrer, cette affiche, là : "Michael Jackson tel que vous ne l'aviez jamais vu" ... Parce qu'on se dit que c'est juste le contraire malheureusement ... "tel que vous ne le verrez plus jamais" ... et pourtant le titre est juste : on ne l'avait jamais vu comme ça, MJ.
Si humble, si touchant, si travailleur. On le voyait côté paillettes, voitures aux vitres teintées, masques chirurgicaux, bébés secoués au balcon ... et là, on découvre sans doute un MJ plus proche de ce qu'il était dans "sa" vie, pas dans la nôtre, pas dans celle de la télé et des journaux.

Si vous n'êtes pas fans, même pas un petit peu, passez votre chemin, ce film n'est pas pour vous. Si la musique de MJ ne vous a jamais donné le sourire, si vous n'avez pas instinctivement tapé du pied ou remué les hanches sur les premières notes de Black or White, de Billy Jean, si jamais MJ ne vous a ému quand il parlait de la terre, si tout ce que vous retenez de lui sont les accusations de pédophilie qui ont terni les 15 dernières années de sa vie, alors, oui, passez votre chemin, ce film n'est pas pour vous. Et ce billet non plus.
 
Tous les autres, quel que soit votre âge, quels que soient vos goûts musicaux, allez-y, et si vous avez des enfants, emmenez-les voir ce film. Et surtout, surtout, si vous êtes musicien vous-même, quel que soit l'instrument que vous pratiquez, allez voir ce film !

Vous y verrez travailler un immense artiste, qui règle lui-même au millimètre près sa voix, la totalité des instruments qui l'accompagneront, tous les arrangements, mesure par mesure. Tant que tout n'est pas parfait, MJ n'arrête pas de travailler.

Alors on m'avait dit : "Oui mais tu verras, il ne dansait plus vraiment, il y allait à l'économie, danser et chanter, c'était plus possible pour lui" ... Et moi je réponds : ce sont des répétitions, personne ne se donne à fond à toutes les répétitions, surtout quand l'organisme entier est sollicité, et surtout quand il s'agit principalement, pour les répétitions filmées, de produire de l'image (pour les vidéos futures), et de caler les morceaux, c'était le début du travail ... Et puis je dirai aussi, MJ avait 50 ans, même s'il en paraissait 25 ... Il danse au milieu de jeunes gens dont les plus âgés n'ont sans doute pas, eux, 25 ans ... On ne peut attendre la même chose. Bien sûr il marche beaucoup sur scène, plus qu'il ne court ou saute ... et alors ... MJ est un chanteur. Et sa voix est toujours là, même s'il s'économise sur certains titres pour ne pas la pousser, il le dit lui-même. Mais à quelques reprises il se donne à fond, et là ... 

La grâce, la magie des pas, cette fantastique adéquation entre le physique, la technique et l'émotion, ce qu'on nomme "le groove" en funk, et le swing en jazz, ce moment d'exception qui unit de façon fusionnelle musiciens, danseurs et chanteur, cette transe-là, Michael Jackson les possédaient encore, jusqu'à son dernier souffle, et cela n'a presque jamais été si éclatant que dans ce film ... Puisqu'il n'est pas une "représentation", qu'il est constitué de travail, sans cesse remis sur le métier, qu'on est au coeur de l'élaboration de ce qui devait devenir le plus grand spectacle de la vie de MJ ...

... et, au milieu des calages de sons, d'images, d'effets spéciaux, MJ est là. Touchant. Avec ses chewing gums et ses sucettes. Avec ses gestes de la main. Avec l'infini respect qu'il portait à ceux qui travaillaient avec lui. Avec son humilité et aussi avec son assurance, lorsqu'il était certain d'être dans le vrai. Il savait aussi exiger. Avec douceur mais fermeté. Sans cri, sans colère, sans caprice. Juste dire : "c'est comme ça que ça doit être et c'est comme ça que ce sera parce que c'est comme ça que je le ressens". Avec ses "This is it" ("On y est") ... avec ses éternels "God bless you", à tous bouts de champs ... Pourtant, alors que cela pourrait paraître un simple tic de langage ou de la pose, on sent bien, à le voir, qu'il n'en est rien, et qu'il donne du sens et de la profondeur à chacun des "God bless you" qu'il adresse à ses musiciens, à ses techniciens ... et que si dieu était vraiment dans sa poche, il allait en effet tous les bénir ...

Il voulait faire de son spectacle un cri pour la défense de la planète, il y mettait des moyens colossaux. La dernière partie du film est en cela aussi très touchante et inscrit MJ dans une postérité engagée dans le monde, quand l'artiste n'avait plus pour réputation que d'être en dehors de ce monde, justement, en dehors de toute réalité.

Je crois qu'avec ce film on n'a jamais tant mesuré le fossé qui pouvait exister entre sa réalité et son image ...
 
 

Je vous engage aussi à lire un ouvrage dont  
Mandor a parlé récemment : Michael Jackson, La chute de l'ange, de Stéphane Koechlin. C'est une biographie de MJ. Une de plus direz-vous ... et je vous répondrai "peut-être, mais une bonne" ... Pas de sensationnel à tout prix, pas de révélations fracassantes, pas de noms de docteurs mabuses, pas de filières de médicaments à usage vétérinaire, rien de tout cela ... Juste la vie de MJ, et déjà, c'est beaucoup de fantastique et d'exceptionnel, dans le malheur comme dans l'extraordinaire, vous savez ... Lisez la chronique, elle vous donnera sans doute envie de lire de livre, comme à moi.
 
Mon fils de 15 ans a été bercé par la vidéo de Black or White, enregistrée sur cassette après un dessin animé ... ;-) C'est donc une vraie madeleine de Proust pour lui, pourtant il ne connaissait pas beaucoup MJ avant sa mort ... Billy Jean, Thriller, comme tout le monde, quoi, mais pas grand chose ... Depuis sa mort, il a écouté les Jackson Five, il est capable de situer cela dans le temps, dans l'évolution de la musique, il date la création du funk, et conçoit, musicalement, l'avancée que MJ aura fait connaître au son ... En voyant ce film, il a pleuré ...
Même mort, MJ émeut, MJ transcende les générations, MJ fait danser, MJ fait swinger, MJ fait rêver ... 

Finalement, tant qu'on l'écoutera, MJ sera toujours là. Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire ... ! 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article