Avenir du PS et ouverture : Manuel Valls dans Le Parisien du 9 juillet

Publié le par Emmanuelle Colombani

Sur le départ rapide de François Hollande souhaité par son courant :

Toutes les difficultés que nous traversons actuellement, logiques après la sévère défaite que nous avons connue, sont amplifiées par le fait que, sur toute une série de sujets, nous n’avons jamais tranché : les retraites, le financement de la Sécu, les 35 heures, l’immigration, la sécurité, le nucléaire. Pour cela, il aurait fallu engager un processus de refondation de notre projet permettant réellement aux militants de s’exprimer. En adoptant le calendrier de Hollande, le conseil national a préféré l’immobilisme. C’est une perte de temps que nous risquons de payer très cher.

Sur le rôle de Ségolène Royal :

Elle doit participer à la refondation de la gauche, forte du lien qu’elle a noué avec les Français. Utilisons son talent et ses intuitions, qu’elle doit, bien sûr mettre au service du collectif. Si elle porte sa part de responsabilité dans la défaite, laissez-moi vous dire que je trouve indécente l’attitude de certains dirigeants socialistes qui brûlent aujourd’hui ce qu’ils ont adoré hier.

Sur l'omniprésence de Nicolas Sarkozy :

Les Français ont souhaité un président qui gouverne et agisse pour réformer. Attention à ne pas diaboliser une nouvelle fois Nicolas Sarkozy, d’autant que cela n’a pas été d’une grande efficacité ces derniers mois. Sans doute, ce nouveau rôle du président devra-t-il être inscrit dans une réforme des institutions qui renforce le rôle du Parlement, mais nous sommes en train de sortir d’une forme d’hypocrisie où le président s’abritait derrière son Premier ministre. (...)

Sur la politique d'ouverture :

Nicolas Sarkozy nous livre une guerre de mouvement qui déstabilise, aussi, son propre camp. Au-delà des craintes que sa démarche peut susciter, je veux prendre cela comme une invitation à l’initiative.

Nous verrons ainsi si la volonté de réforme affichée par le nouveau pouvoir correspond à une manœuvre pour nous affaiblir, ou à une sincère volonté de dialogue et de modernisation de notre vie parlementaire et politique. Prenons Sarkozy au mot, et soyons, nous, à l’initiative. En proposant, par exemple, une vraie réforme de nos institutions. Car les idées ne manquent pas : création à l’Assemblée de nouvelles commissions, répartition des présidences de commission à la proportionnelle, renforcement des pouvoirs de contrôle et d’initiative des députés, suppression du 49-3, suppression du droit de dissolution…S’agissant de l’ouverture, il faut distinguer les simples débauchages des modestes mais véritables changements, telle l’attribution de la présidence de la commission des Finances à un membre de l’opposition. Cependant, la rénovation du rôle du Parlement relève, d’abord, d’un dialogue sincère et loyal entre la majorité et l’opposition. C’est à cette dernière de choisir ses représentants, et non au chef de l’Etat.

Publié dans Actualité politique

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