Des socialistes au gouvernement : le PS, la tête à l'envers ...

Publié le par Emmanuelle Colombani

Plus l'échéance de l'annonce du premier gouvernement de la présidence Sarkozy se rapproche, plus on voit de toutes parts s'allumer des girophares socialistes, sur toutes les antennes, dans tous les quotidiens ...

Bayrou en rêvait, Ségolène l'a caressée ... Nicolas Sarkozy la fera peut-être, cette ouverture vers le centre et la gauche ... Ce rassemblement national au chevet de la nation et de ses problèmes verra je l'espère le jour en milieu de semaine.

Nous sommes des millions de jeunes français à avoir souhaité, depuis des années, qu'un tel évènement se produise. Nous sommes des millions à ne pas avoir pardonné à Jacques Chirac de ne pas l'avoir fait en 2002. Je n'ai pas fait confiance à François Bayrou pour porter cette espérance: il n'a jamais à mes yeux prouvé ses compétences, son discours est mou, de surcroît il ne rassemble pas sur sa personne.

Par contre, j'ai fait confiance à Nicolas Sarkozy quand il a proposé cette ouverture durant la campagne électorale. Pourquoi en effet systématiquement douter de la parole d'un homme ? "Je dis maintenant ce que je ferai après", "je dis ce que je fais, je fais ce que je dis". J'attends avec espoir.

Mais je considère les réactions des dirigeants socialistes avec bien peu d'aménité. Comment ce parti, après avoir, bien avant l'entre-deux tours, tenté de tirer son électorat vers la droite, en proposant des alliances avec Bayrou, peut-il maintenant tirer à boulets rouges sur les téméraires qui se risqueraient à accepter d'entrer dans un gouvernement d'union ? Restons-nous toujours dans le "Tout Sauf Sarkozy", et y a-t-il, au mépris des 53% de français qui l'ont porté au pouvoir, des hommes plus fréquentables que d'autres ? Ou doit-on en déduire que ces glissades socialistes vers le centre n'étaient que des promesses électorales destinées à ne jamais être honorées ? Les hommes politiques, quelle que soit leur tendance, doivent se méfier de leurs errements et de leurs volte-faces ... les électeurs ne pardonneront plus aussi facilement qu'avant.

J'entendais tout à l'heure un député européen socialiste railler Bernard Kouchner, qui ne saurait, selon lui, devenir un "ministre sans frontières" ...

Bien sûr je souhaiterais que d'autres personnalités se joignent à lui dans son gouvernement. Non pas que je doute de sa volonté de bien faire, mais parce qu'il n'a jamais fait montre d'un engagement politique marqué, ce qui rendrait à mes yeux son arrivée moins emblématique d'une véritable ouverture. S'il y a un "socialiste" dont nous ne doutions pas de l'acceptation, c'était bien lui. Je souhaiterais qu'Hubert Védrine accepte finalement de s'engager, fût-ce à un ministère autre que celui des affaires étrangères pour lequel il aurait été initialement pressenti. Anne Lauvergeon elle-même pourrait être une personnalité de choix, pour autant qu'elle fasse preuve de compétences réelles dans le ministère qui lui reviendrait, car nous avons bien souvent vu des professionnels de qualité échouer dans la maîtrise d'un ministère. La politique est aussi un métier.

Le PS est englué, quoi que son premier secrétaire en dise, dans des querelles qui sont loin d'être à fleuret moucheté ... les couteaux sont lancés, dans le dos de préférence.  Les électeurs n'en sont pas plus rassurés pour le mois prochain. Les militants non plus.

Publié dans Actualité politique

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