Je me souviens ...

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Aujourd'hui pour plein de raisons (raison avec et sans s, d'ailleurs ... ;-)), j'ai envie de me souvenir de ce jeudi de l'année dernière au cours duquel, comme aujourd'hui, j'attendais que l'on décerne le Prix Nobel de Littérature ...

D'ailleurs, qui, cette année, de Amos Oz, Assia Djebar, Joyce Carol Oates, Philippe Roth et autres Cormac Mac Carthy, l'obtiendra ... ?


... cette année peu me chaut, avouerai-je ...

Ce qui m'importait l'an dernier, en ce jeudi matin effervescent à tous points de vue, c'était que JMG Le Clézio l'obtienne ...

Et c'est ce qu'il advint ... Il marque la magie d'octobre ...

Alors, pour tout cela,
je me souviens ...


Jeudi 9 octobre 2008

Mon idole absolue en matière de lettres françaises modernes, Jean-Marie Gustave Le Clézio vient d'obtenir le Prix Nobel de Littérature.

Je "connais" cet homme depuis que je sais lire, ou presque ... D'abord un nom étrange, ces 3 lettres, par lesquelles on l'appelle généralement, "JMG" ... et puis ce visage, carré, ce regard magnifique de puissance, de profondeur et d'humanité, un roc, un élément de la vie intangible ... dès l'abord JMG Le Clézio a été pour moi comme une porte ouverte vers un inconnu qui nécessairement était beau et bon ... Un extraordinaire instrument d'évasion ...

Il écrit depuis l'âge de sept ans, il a publié une quarantaine d'ouvrages, romans, contes, essais, nouvelles ...

Mes préférés : le premier d'entre-eux pour commencer, "Le Procès-Verbal", publié à 23 ans, en accroche duquel il indiquait que son rêve d'écrivain, qu'il estimait n'avoir pas atteint avec ce premier ouvrage, serait d'être harcelé par ses lecteurs jusqu'à l'affrontement physique s'il faisait périr un de ses personnages, tant ils s'y seraient attaché ...
Et, au hasard de mes souvenis : Le déluge, Terra Amata, Les prophéties de Chilam Balam, Mondo et autres histoires, Désert, Le chercheur d'or, Révolution, Raga: approche du continent invisible ... Il me reste à découvrir le dernier sorti, il y a quelques jours : Ritournelle de la faim.

J'aime chez lui par dessus tout ce qui est pour moi le fil rouge de son oeuvre , ce que l'on peut appeler "la faille identitaire" ... Le Clézio ne cesse de démontrer, livre après livre, que l'être humain n'est pas linéaire, qu'il se découvre toute sa vie durant, et qu'il évolue au gré des assauts qu'il reçoit. Le questionnement sur l'identité est perpétuel chez Le Clézio, et il est fascinant ... d'autant que lui donne l'impression d'être immuable : il ne change pas, physiquement, il est calme, mesuré, tient toujours les propos justes au bon moment ...

Ce matin, il était l'invité de Vincent Josse sur France Inter et était bien sûr interrogé sur l'éventualité du Nobel. Il estimait que Philippe Roth avait plus de chances que lui de l'obtenir, il indiquait avoir beaucoup moins de talent que le dernier français à l'avoir obtenu en 1985, Claude Simon. Il avouait qu'il serait heureux de recevoir ce Prix, reconnaissant que tout écrivain est destiné, dans l'absolu, à recevoir une récompense littéraire.
En fait, dans toutes ses nouveautés de rentrée, France Inter met à disposition également la vidéo de l'invité d'Esprit Critique, alors je ne vais pas me priver de vous montrer "mon monstre sacré" ! 12 minutes, oui, mais 12 minutes d'intelligence pure, d'absence de pose, de réflexions sur le métier d'écrivain, bref, 12 minutes de bonheur ! Ses propos sur Le Boléro sont absolument fabuleux ... l'exact reflet de ce que j'éprouve ... j'ai acheté il y a des années la partition pour les mêmes raisons que lui ... bref, un pied terrible !


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