Erykah Badu en ouverture du Montreux Jazz Festival

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Edit : compte rendu de la TSR un peu plus bas

Ce festival, drivé par Claude Nobs, 72 ans, accueille bien sûr chaque année des "monstres sacrés" de la musique, cette année Quincy Jones, Al Jarreau, Gilberto Gil, Herbie Hancock, James Moodie, Joan Baez, Joe Jackson, Lenny Kravitz, Leonard Cohen, Madness, Paul Simon, Richard Galliano, Deep Purple ... mais aussi de nombreux jeunes artistes, qu'on n'attendrait pas toujours ici et maintenant : Yaël Naim, Sorgente, Paolo Nutini, Jamie Liddell, Adèle, Camille, Hocus Pocus et donc, en soirée d'ouverture, l'icône noire de la soul hip-hop, ERYKAH BADU.

... et encore, c'est déjà sa deuxième participation au Festival de Montreux, preuve que ce rendez-vous suisse est réellement la plus grande affiche du monde, notamment en matière de mise en avant de talents jeunes et innovants.

Son nouvel album est sorti cette année : "New Amerykah, Part 1 : 4th World War".

Le compte rendu de la TSR suisse :

"Au début, l'absence. Un rythme lourd, une musique obsédante sur cinq notes. Les sept musiciens la réitèrent sans cesses. Infimes variations. Les trois choristes se déhanchent. Dix minutes et la voilà, robe courte noire de couturier, talon fin, maquillage violet, coupe de cheveux étudiée à tresses et meringue.

Les deux heures qui suivent sont un crescendo émotionnel à la dramaturgie parfaite. Une quinzaine de morceaux de l'étouffant dernier album. Des titres plus anciens aussi.

Erykah Badu mime, danse, se fait sorcière vaudou ou lady lascive. Elle se lance dans un solo de percussion numérique ici, de tambour là, joue avec un sample sur son Mac. Maîtrise du moindre geste, mais à la façon d'une styliste. Une foisonnante épure.
Musique au diamant
Toute en intensité, en densité, elle manipule sa voix claire, qui passe de la vocalise explosive et sur-tendue au filet articulé et taillé au diamant. Soul, hip hop, funk: la potion est miraculeuse et le show total. Sa musique pourtant cérébrale et complexe respire au contact de «Montreux ? I love you!».

Amour, mais aussi critique, contestation. Erykah Badu n'avale pas le monde avec ses arêtes. Son dernier album parle d'une 4e guerre mondiale qui serait celle de tous les humains ? sans distinguo de couleurs ? contre les pouvoirs. C'est elle qui le dit aux deux-tiers de son concert.

Elle évoque Obama, candidat à la présidentielle américaine, qui même s'il n'entre pas à la Maison blanche, offre des étoiles aux gens. «Les gens sont prêts au changement. Partout dans le monde», lance-t-elle avant d'entamer «Soldiers».

Le public répond à ses moindres injonctions, conquis. Il vibre, rythme, lève les bras vers le ciel. Puis d'un «Peace and love!», Badu fait mine de s'esquiver, après une révérence de danseuse classique.
Du briquet au téléphone
«Badu, Badu, Badu....!» Cette fois, Erykah descend de scène pour continuer sa parade à distance équivoque du public. Elle le fait chanter et lui assure que «that was beautiful!».

Ensuite, à sa demande, briquet et téléphones mobiles sont brandis. Nuit sur la scène et la salle. «This is a light special for you!»... Gens de tous les pays, unissez-vous et sautez sur les prochaines dates d'Erykah. C'est le changement qui arrive."


Vidéo d'un de ses derniers titres, Honey :



Erykah en live, 2008
ERYKAH AT THE GIANTSTEP STAGE AT WMC 08

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